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Bruno Magliulo : La culture générale - un capital pour l'entreprise

Bruno Magliulo, Inspecteur d’académie honoraire, ancien IPR de sciences économiques et sociales - Animateur du blog de l’orientation - Auteur/directeur de collection chez L’Etudiant.

Thème de la conférence :

LA CULTURE GENERALE, UN CAPITAL POUR L'ENTREPRISE

Conférence donnée le 9 novembre 2010.

Se doter d’une culture technologique est important pour le monde professionnel. Cela est généralement bien accepté par tous. La culture générale apparaît utile lorsqu’il s’agit d’économie générale, de géopolitique ou encore de philosophie religieuse. Mais il y a une certaine réticence lorsque la culture générale va au delà de la technique, lorsque l’on parle de littérature, de philosophie. Cette conférence a donc pour but de nous convaincre que la culture générale est à la fois un capital pour l’entreprise, mais aussi pour nous.

Pendant les deux années de classe préparatoire, il y a six heures de culture générale par semaine, ce qui fait plus de 300 heures par an. Il en va de même dans toutes les écoles de management : on constate une montée croissante de la place de la culture générale. Il y a des travaux sur l’éthique des entreprises et son rôle social. En effet, l’entreprise n’est pas qu’un lieu de production ou de profit, c’est aussi un lieu qui procure de l’emploi avec un rôle social et des valeurs à défendre.

Pour entrer dans la fonction publique, il faut passer un concours. Une fois le concours réussi, on accède à la sécurité de l’emploi, car l’administration ne sait pas « virer les mauvais ». Mais le fonctionnement de l’entreprise est différent : le plus dur n’est pas d’y entrer, mais d’y durer et d’accompagner les changements supposés par une carrière. On va en moyenne exercer neuf métiers durant une carrière. Accepter ces changements est permis par la culture générale, et non pas par l’enseignement technique, qui s’acquiert facilement et rapidement. La différence se fait sur le niveau de culture générale : à partir d’un certain niveau de hiérarchie, on constate les mêmes compétences techniques. Il faut donc investir sur la culture générale, pour accéder à une employabilité à long terme.

Mais il faudrait déjà définir ce qu’est la culture générale. Or, il y a des centaines de définitions différentes. Le seul point commun de ces définitions est la distinction qui est faite entre la culture collective, portée par le groupe social et la culture individuelle. Pour Lacan « la culture générale d'un individu est l'ensemble des connaissances acquises dans différents domaines sans spécialisation dans aucun de ces domaines. » Il y a une certaine largesse du champ, il s’agit ici d’un maillage plus que d’une addition.
L’UNESCO définit la culture générale collective ainsi : « Dans son sens le plus large, la culture peut aujourd'hui être considérée comme l'ensemble des traits distinctifs, spirituels et matériels, intellectuels et affectifs, qui caractérisent une société ou un groupe social. Elle englobe, outre les arts et les lettres, les modes de vie, les droits fondamentaux de l'être humain, les systèmes de valeurs, les traditions et les croyances. »
Pour les ethnologues, la culture est « ce que l’on retrouve autour du totem ». Le totem est le lieu où se rassemblent et se reconnaissent les membres d’un même groupe. On y retrouve les mêmes us et coutumes, le même langage… Ainsi, selon qu’on partage cette culture ou non, on appartient au groupe ou on n’y appartient pas.
On attache de plus en plus d’importance aux capacités de communication lors des entretiens d’embauche, à travers les lettres de motivation. Le but n’est pas seulement de voir l’orthographe. Mais les personnes choisies seront l’image de l’entreprise face aux interlocuteurs. Il est facile de trouver des porteurs des connaissances techniques, mais beaucoup plus compliqué de trouver quelqu’un qui dispose des capacités de communication nécessaires. Il faut développer ces capacités : la communication s’apprend d’abord à l’école, mais aussi avec de la pratique, par le simple fait de parler, d’échanger et d’écouter l’autre. La bonne communication intègre les apports de tous ceux qui ont participé à l’échange. Le PDG de Coca-Cola a déclaré : « Au plus on grimpe dans la hiérarchie d’une entreprise, chez nous comme ailleurs, au plus on devient un négociateur. Et pour nous, l’aptitude à argumenter, à construire des démonstrations, à parler d’un langage clair et sans faute, bref, à savoir séduire avec les mots, est une qualité primordiale. »

La culture générale est aussi le lien entre une action qu’il va falloir déclencher et la réflexion préalable collective ou individuelle qui va porter la prise de décision. La culture va apporter une capacité à raisonner par analogie, à faire référence à d’autres situations proches qui ont conduit à une prise de décision efficace. Par exemple, analyser la crise économique actuelle à travers les crises passées est important : connaître Keynes et l’interventionnisme permet de comprendre pourquoi le gouvernement Américain à injecté 600 milliards de dollars dans l’économie. Ce genre de références doit être connu à partir d’un certain niveau de responsabilités. De plus, la culture générale donne un sens au travail et le rend, par voie de conséquence, plus efficace.

Lors d’une table ronde de l’Institut de l’entreprise en 2006, où étaient présents les PDG de Coca-Cola, Siemens, BNP, Axa, Renault, Accord, SNCF… de grands patrons se sont demandés pourquoi ils n’embauchaient pas de purs littéraires. De cette table ronde est sortie une synthèse dans laquelle les grands patrons se sont engagés à faire des tests de vérification de la culture générale lors de l’embauche. De plus le PDG de Accord a déclaré « chez nous 40 sociologues jouent un rôle essentiel dans les ressources humaines car ils rendent intelligibles les relations sociales dans l’entreprise ».
La culture générale prend donc une part croissante dans les entreprises : on ne peut plus espérer faire carrière sans culture générale. Prenons l’exemple de l’Arabie Saoudite, pays musulman, qui a lancé un appel d’offre mondial pour une usine de dentifrice. Et, à la surprise générale, c’est une petite PME bretonne qui l’emporte contre de grands groupes. En effet, le responsable import-export connaissait bien le monde musulman : ils ont donc fabriqué un dentifrice vert, car cette couleur est sacrée. Alors que Colgate avait fabriqué un dentifrice rouge, selon les modèles occidentaux, or le rouge est la couleur de la mort…
Économiquement, la Terre devient un village et nous serons amenés à vivre dans des univers très différents. La formation doit préparer à ces changements et apporter une capacité d’adaptation.

La culture générale, parfois négligée lors de la première embauche est importante pour la suite de sa carrière, elle apporte la capacité à prendre du recul face aux événements : bien réfléchir pour bien décider. La culture générale est représente l’élasticité de la pensée dans le temps.

 

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