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Jean Petaux : les institutions politiques en France

JEAN PETAUX, politologue et professeur à Sciences Po Bordeaux.

Thème de la conférence :

LES INSTITUTIONS POLITIQUES ET LA VIE POLITIQUE EN FRANCE

Compte-rendu de conférence réalisé par Aurélie Methion, promotion 2010-2012.

« Si tu ne t’intéresses pas à la politique, la politique, elle, s’intéresse à toi », voici les premiers mots de Jean Petaux, venu au Lycée Brémontier le 4 novembre 2011, dans le but d’intéresser les élèves de classe préparatoire ECT, à la politique.

Le mot « politique » est un mot hermaphrodite, qui change de signification en changeant de genre.

L’anglais dispose de quatre mots pour définir certaines notions relatives au domaine politique :
- policy / policies = la ou les politiques publiques, au niveau local, national ou supranational.
- politics = le jeu politique
- politician = les acteurs politiques
- politic = la communauté politique au sens large, qui comprend les partis politiques, mais aussi les syndicats, les médias…

Dans quel système politique vivons-vous en France ?

Le système politique français est régi par des règles du jeu, dont la principale est la Constitution du 4/10/1958, rédigée essentiellement par le Général De Gaulle et son premier ministre, Michel Debré. Elle signe le début de la Vème République, qui a donc aujourd’hui 53 ans (et a connu 22 modifications de la Constitution).
Elle vient après une vingtaine de régimes (depuis 1791, date de l’émergence du modèle républicain), et succède à une IVème République instable, dont les vingt gouvernements avaient une durée moyenne de 4,5 mois.
Sous la Vème République, la France se dote d’un système semi-présidentiel car De Gaulle refuse l’instabilité inhérente au régime parlementaire fondé sur le contrôle réciproque des partis. Il souhaite imposer un pouvoir présidentiel fort (mais qui respecte la démocratie, notamment à travers la séparation des pouvoirs).
Il s’agit d’un système semi-présidentiel car l’exécutif est fort (système présidentiel) mais qu’il travaille avec un premier ministre et un gouvernement qui nécessitent le soutien parlementaire (régime semi-présidentiel).
C’est ce qui explique le phénomène particulier de la cohabitation, survenu trois fois :
- Mitterrand PR / Chirac PM (1986-1988 / 1993-1995)
- Chirac PAR RAPPORT / Jospin PM (1997-2002).

On peut remarquer que le modèle constitutionnel fondé sur un texte suprême n’est pas universel. Les Etats-Unis ont toujours la même Constitution depuis leur Indépendance (en 1776). Mais ils ont adopté un système d’amendements pour la faire évoluer. Quant au Royaume-Uni, il n’a pas de constitution et fonctionne grâce à la coutume. Ce dernier modèle est entièrement satisfaisant, malgré l’absence de Constitution.

L’élection du président de la République

Louis Napoléon Bonaparte fut le premier Président de la République élu, en 1848. Mais le coup d’Etat qu’il conduisit trois ans plus tard pour finalement se faire sacrer empereur a jeté une ombre sur l’élection au suffrage universel, susceptible, selon et exemple historique, de conduire à la dictature. Par conséquent, le président de la République n’était pas élu au suffrage universel, mais par un collège de grands électeurs. Ce n’est qu’en 1965 (après une réforme de la Constitution en 1962) que ce mode de scrutin a été adopté.
A ce jour, nous pouvons compter huit élections au suffrage universel direct. Avant élu pour un septennat, le Président de la République est, depuis 2000, élu pour un quinquennat. Les élections présidentielles de 2012 seront la neuvième élection du président au suffrage universel (pour cinq ans depuis 2002).

Les régimes politiques : définition et naissance.

La Constitution de 1958, évoque les partis politiques : « les partis politiques concourent à l’expression du suffrage universel ». Un parti est un groupe de personne réunies par une communauté d’opinions ou d’intérêts. Les régimes politiques naissent et s’établissent en fonction de l’Histoire et des conditions politiques et sociales.

QUESTIONS

- Quelle est la différence entre la Droite et la Gauche ?

Origine : Etymologiquement, l’adjectif « droit » renvoie à l’habileté, à l’adresse. Au contraire, la gauche désigne la maladresse. De plus, le terme « gauche » vient du latin « sinister », qui a donné sinistre (défavorable -> qui fait craindre un malheur). Cette étymologie qui légitime la droite comme courant de l’orthodoxie renvoie à l’Histoire : En 1789-1790, la France délivrée de l’Ancien Régime s’achemine vers une monarchie parlementaire à l’anglaise (qui existe en Angleterre depuis 1689). Le roi sera finalement guillotiné en 1793. Le débat porte alors sur l’extension du pouvoir royal et sur le droit de véto du roi. Les députés de l’Assemblée Constituante favorable à ce droit de véto se sont rangés à droite du roi dans l’hémicycle (renvoyant ainsi à l’idée d’une juste place, en référence au bon larron crucifié à la droite de Jésus). En revanche, les députés défavorables au droit de véto se sont placés à gauche du roi dans l’Hémicycle. C’est ainsi qu’est née l’opposition (d’abord physique, selon la place dans l’Hémicycle) entre la droite (la place légitime, proche du pouvoir traditionnel, conservatrice) et la gauche (opposés à ce pouvoir traditionnel, plus réformatrice).

Valeurs :

Le positionnement droite / gauche des individus se fait sur des thèmes révélateurs :

- la nation / la patrie
- la vie en commun et le soutien au collectif
- le rapport aux autres.
La droite serait une « coloration » qui privilégierait
- l’individu face au groupe
- la patrie, la communauté nationale face à l’extérieur.

Mais attention, les frontières se troublent parfois : en 1979-19080 la campagne du Parti Communiste reposait sur des affiches portant les slogans ‘acheter français » ou « préférence nationale »…

Échiquier politique :

Aujourd’hui, la France a tendance à bipolariser son échiquier politique. D’ailleurs le second tour des élections présidentielles s’est toujours déroulé entre un candidat de droite et de gauche. Par exemple en 1988, Mitterrand obtient 54,5% des votes contre Chirac 45,5%. Plus tard, en 2002, Chirac prend le relai avec 82% des votes contre Le Pen : 18%. Mais « la Droite et la gauche se sont deux étiquettes qui recouvrent, à l’intérieur d’un même rayon, différents produits », nous dit Jean Petaux. Les sensibilités divergent au sein des grands partis, comme l’ont démontré les différences entre les candidats du PS aux Primaires de 2011.

- Qu’en est-il de la place du Centre dans la vie politique française ?

En premier lieu, Jean Petaux qualifie le Centre de « Centre introuvable », signifiant ainsi la difficulté de circonscrire son positionnement véritable. Il constitue le(s) groupe(s), où se rassemblent ceux qui ne sont ni de Droite, ni de Gauche. Il est en fait pluriel : il se constitue du Centre droit (comprenant le Parti Valoisien de Borloo et le Nouveau Centre de Morin) et Centre gauche (le Parti Radical de Gauche). Il peut ainsi satisfaire ceux qui admettent certaines idées de l’un ou l’autre des pôles. Mais peu à peu, le Centre semble glisser à Droite, même si en 2002, au moment de la création de l’UMP, Bayrou – Président du Modem - s’est démarqué en déclarant : « Quand on pense tous la même chose, on ne pense plus rien ».

- L’idéal est-il ce qui motive les hommes politiques ?

La trajectoire des hommes politiques est affaire d’idéal, mais aussi de socialisation (adhésion ou opposition à des valeurs données par leur entourage) et d’intérêt personnel (dont E. Besson semble être un exemple patent, depuis son départ du QG de campagne de S. Royal pour rejoindre N. Sarkozy, dont il est toujours ministre).

 

 

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