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Bordelais en voyage à Bilbao

Vendredi 18 octobre, 6h du matin, 4 bordelais de la classe préparatoire du lycée Brémontier partent à la découverte du ZAWP. Le ZAWP est une association espagnole, basée sur une ancienne zone industrielle à Bilbao, dont le but et le re-développement de cette zone et son réaménagement.
Ainsi toute la journée nous avons pu constater la taille de ce défi et comment sont-ils prêt à le relever. Nous vous en parlons dans cet article.

I - Le Zawp qu'est ce que c'est ?

Zorrotzaurre (en Basque : Zorrozaurre) est le nom donné à la presqu'île qui accueille le projet du ZAWP (Zorrotzaurre Artwork In Progress). Officiellement, c’est une partie du quartier de San Pedro de Deusto-La Ribera, bien que traditionnellement considérée comme un quartier à part.
Ce quartier est basé dans une ancienne zone industrielle, autrefois réservée à une activité maritime, et dont les besoins se sont tournés au fil des ans vers l'industrie lourde (sidérurgie, chimie, agroalimentaire …).

Dès 1940, la volonté politique désire relancer le dynamisme industriel du quartier. Cette volonté s’affiche en premier lieu par la création d'un canal artificiel, le canal de Deusto. Sa construction débute en 1950 pour se terminer en 1968. Au cours de ces deux décennies, la péninsule connait une nouvelle période de croissance économique liée à une industrialisation de moyenne envergure, dictée par une restriction politique en raison de sa proximité avec le centre ville.

Le déclin industriel frappe la région. Peu après 1970, les usines perdent de leur dynamisme et ferment en masse. L’apogée de cette carence économique est atteinte en 1985 ; le quartier ne connaîtra plus de réelle activité industrielle.

Durant les années 90, les autorités territoriales désirent La valorisation des territoires urbains. Le secteur tertiaire est privilégié au dépend du secondaire. Une réflexion autour d’une dynamisation en accord avec son temps est mise en étude, le ZAWP est né. Un projet faramineux dont l'achèvement est annoncé pour 2050. Transformé cette ancienne friche industrielle détruite en zone de développement, de rencontres, de création et de lancements de projets. C’est dans le Pavillon Haceria (contraction de « hacer » : faire et « aceria » : aciérie en espagnol), en 1997, qu’un groupe d’étudiants en fin d’études d’Art dramatiques s’est implanté, n’ayant pas de lieu d’expression dans la ville. Pendant huit ans, jusqu’à 2005, la principale fonction du local était le théâtre ; la démarche du collectif était de recevoir toutes les compagnies d’artistes quel que soit leur niveau pour leur donner une scène. À partir de 2005, des concerts de jazz viennent l’Haceria. Au fil du temps, la salle s’est enrichie de matériel et d’accessoires provenant pour la plupart de dons ; le piano ou encore le mobilier proviennent du théâtre Consulado de Bilbao.

En 2009, les membres de l’association apprennent l’existence du plan d’urbanisation de la ville de Bilbao. Le ZAWP est un projet de l’association Haceria basé sur l’histoire du quartier au regard de son avenir. Les habitants de la presqu’île n’ont pu qu’observer la dégradation rapide des infrastructures ; le projet d’urbanisme, tire définitivement un trait sur cette époque révolue. La démarche de ZAWP est d’intégrer les habitants et acteurs de la vie locale, avant et pendant la transformation qui s’opère afin de laisser une marge d’expression à la population et l’impliquer plus dans les décisions politiques et économiques pour la dynamisation du territoire. La détermination de l’utilité des espaces futurs par les habitants est une valeur importante du projet. Au cours de la création du dossier proposant le projet du ZAWP, le gouvernement du Pays Basque manifesta un fort intérêt. C’est ainsi que le ZAWP reçut à ce moment ses premiers financements. L’Haceria ne possédait encore qu’un pavillon.

Le gouvernement finança à hauteur de 500 000 € la location de nouveaux pavillons vides. Un accord fut passé avec la ville de Bilbao, condition posée par le gouvernement basque pour le versement de la somme. Quelques mois plus tard, des travaux étaient entrepris dans les nouveaux locaux par une école d’apprentis du bâtiment, comprenant une forte proportion de populations immigrées et au chômage. Cet établissement de réinsertion sociale dépendant de la ville permit de partager très tôt une démarche citoyenne en s’appuyant sur un chantier réel à réaliser.

II - Un dia en Bilbao

Nous sommes le vendredi 18 octobre 2013, il est tôt. Nous nous réveillons aux alentours de 4h30 du matin, une longue journée nous attend, remplie de rencontres et de découvertes. Rendez-vous place Gambetta à Bordeaux à 6h20. Deux groupes sont formés pour monter dans deux autocars différents, le premier étant le groupe des étudiants et le second celui des professionnels. Départ à 6h34 pour nous rendre à Bilbao, « tant pis pour les retardataires, l'heure c'est l'heure ». Les étudiants venant de plusieurs écoles bordelaises sont séparés en cinq groupes : « Passion », « Money », « Feeling », « History », et « The Day ». Le bus, où sont réunis les étudiants, va servir de dortoir et de lieu de travail. Et c'est parti pour 5h de bus.
Arrivée sur la presqu'île de Zorrozaurre à 11h30. Deux petits trains pour visiter cet endroit, ainsi que l'équipe du ZAWP constituée de jeunes espagnols passionnés, nous attendent. Nous découvrons grâce à un traducteur à quoi servait cet endroit et à quoi il sert aujourd'hui (industrie, construction de chaînes massives pour les bateaux...). Le train s'arrête pour une pause de 15 minutes afin de se restaurer grâce à du café pour les amateurs, de l'eau et quelques gâteaux pour tout le monde.
Nous repartons ensuite pour continuer la visite de cette presqu'île. Non loin d'une ville extrêmement vivante qu'est Bilbao, nous y découvrons un lieu désaffecté où l'ambiance est morose et presque effrayante. Les bâtiments sont vides ou parfois noircis par la suie, les fenêtres brisées en plusieurs morceaux... Mais heureusement le soleil, lui, est au rendez-vous avec 35 degrés au compteur. Nous comprenons ensuite que ces bâtiments délabrés seront pour la plupart rasés (car cela serait trop couteux de tout refaire aux normes actuelles) puis reconstruits.
Nous arrivons enfin dans un bâtiment appartenant au ZAWP où une équipe nous attend avec des tapas préparés pour notre déjeuner. Nous nous retrouvons avec les professionnels avec lesquels nous pouvons échanger sans complexe sur nos ressentis et sur leurs expériences.
Nous nous réunissons ensuite vers 15h dans un autre bâtiment du ZAWP. Les étudiants ainsi que les professionnels sont de nouveaux séparés. Pour le groupe des étudiants un membre du ZAWP est mis à notre disposition afin de nous expliquer en profondeur ce qu'est cette association. Il nous fait en même temps visiter les locaux de celle-ci... Nous entrons à cet instant précis dans leur monde. Bien entendu, nous ne sommes pas livrés à nous-mêmes, malgré notre « excellent » niveau en espagnol, une traductrice est là pour nous restituer en français les paroles de notre guide. Il est 17h et nous nous réunissons par groupes afin de partager nos différentes visions de cette association si particulière et nos notes afin de commencer à mettre en forme notre dossier. Vers 18h15 nous nous réunissons dans une grande salle où les professionnels, scindés eux aussi en plusieurs groupes, nous présentent à tour de rôle, leurs différents projets à venir entre Bilbao et Bordeaux. Bien entendu, de bonnes idées sont là, nous écoutons et prenons note religieusement.
Arrive 19h. Une photo de groupe est réalisée, mélangeant professionnels et étudiants français ainsi que les bénévoles espagnols de l'association; les au revoir se font et nous partons pour Bilbao en métro. Nous arrivons sur une délicieuse place, « la Plaza Nueva », pour nous restaurer. Nous sommes pris, comme envoutés dans cette ambiance si particulière à l'Espagne ; les bars à tapas sont tous combles, enfants et personnes âgées s'y mélangent. Hélas, il est bientôt l'heure de partir.

Nous rejoignons les bus qui nous attendent à quelques rues de là. Il est 21h30, c'est le grand départ. Certains travaillent dans le bus, d'autres dorment, à peine le temps de s'assoupir que nous sommes déjà de retour en terre bordelaise, il est 2h30 lorsque les deux bus se garent de nouveau place Gambetta. Fin de l'histoire.

III - Sentiments et feeling pour le ZAWP

Au départ, on a visité la presqu'île en petit train et on y a croisé beaucoup de solitude, l’endroit semblait complètement désert. Une ville fantôme, voilà ce qu’on aurait dit. Les bâtiments étaient délabrés et une sorte d’appréhension nous a envahis. Mais après avoir visité un premier entrepôt lugubre, le groupe du ZAWP nous a offert un café improvisé entre deux bâtiments et on a de suite ressenti la convivialité de l’équipe. À travers les vitres du bus on avait tous pu voir la frénésie de la vielle ville, le stress du centre économique, on a même cru apercevoir le quartier étudiant qui nous paraissait vivant comme tout. On savait bien qu’on était qu’à quelques pas de tout ça, mais l’agitation avait cessé. C’était le calme qui caractérisait le plus cette presqu’île, comme si on était passé à travers ce genre de frontière invisible. Le silence résonnait. Mais à un moment tout a vraiment changé ! Au détour d’une fenêtre ou deux, des petites dames de leurs appartements nous disaient bonjour et un élan de sympathie nous a traversé. C’est bien vrai qu’elle était un peu masquée par de l’étonnement cette sympathie là mais elle était bel et bien présente. En arrivant aux locaux de l’association on a commencé à croiser tout plein d’énergie. De l’énergie positive ! Quelque chose qui vous fait frissonner et qui vous ordonne d’avancer les yeux fermés, sans aucune crainte. Nous avons échangé avec l’équipe du ZAWP qui nous a accueillis à bras ouverts; ils semblaient déborder de motivation, d’ambition et de créativité. C’est en arrivant dans le deuxième local, où nous attendait un véritable festin, qu’on a tous compris. Cet endroit était différent, bien vrai, mais c’est surtout qu’il sentait le changement. Et pas qu’un peu ! C’est par cet entrepôt que l’association avait commencé. Quelque chose qui émergeait, qui sortait du sol cabossé pour se transformer en art, en ondes positives qui nous touchent tous, un par un. Ce groupe soudé respirait la force et l’envie d’agir.

Mais, on l’a bien vu, ce changement n’est pas pour maintenant. On ressent bien le besoin de prendre son temps et garder toute cette motivation qu’ils nous partagent pour construire cet endroit qui changerait les choses pour de bon. Pour sûr qu’on se croirait en train de visiter le vestige d’un passé industriel, mais on se dit bien que tout ça est en train de donner naissance à quelque chose de grand.

Cette journée a été riche en étonnement. Nous avons rencontré une équipe pleine de vie, d’ambition et d’idées débordantes qui nous a montré que le changement était possible avec de la volonté et beaucoup de créativité. Le tout est de croire en ce que l’on fait et de se donner tous les moyens possibles pour y arriver. Ce fut une journée vraiment unique en son genre, qu’on n’est pas prêts d’oublier! Nous remercions donc sincèrement la ville de Bordeaux ainsi que toute l’équipe du ZAWP pour cette expérience qu’ils nous ont fait vivre.

Le représentant à Bilbao de la classe ECT 2, Baptiste Delhomelle.

La classe ECT 1 était représentée par Estelles Combes, Sarah Dhoum et Bertrand Badets.

 

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